Cerveau clair, vie dense : pour une hygiène mentale du XXIᵉ siècle

On se plaint d’être fatigué, distrait, débordé. Mais quand on regarde de près, on se traite comme des machines. Notifications en rafale. Sauts de tâche toutes les 12 secondes.

On se plaint d’être fatigué, distrait, débordé. Mais quand on regarde de près, on se traite comme des machines. Notifications en rafale. Sauts de tâche toutes les 12 secondes. Multitâche sans répit. Le mental n’est plus un espace de réflexion, c’est devenu un hall de gare sans horaires fixes.

On ne manque pas de temps. On manque de clarté..

Notre attention est devenue un champ de ruines

La journée commence souvent par une boucle absurde : mails, réseaux, messageries, alertes météo, 3 ou 4 tabs ouvertes avant même d’avoir bu un café. Le cerveau n’a plus d’espace. Juste des interruptions déguisées en priorités.

Et pourtant, on appelle ça « rester informé » ou « être connecté ».

Ce n’est pas l’info qui manque. C’est l’attention qui s’épuise. On ne lit plus vraiment. On scrolle. On ne réfléchit plus en profondeur. On réagit. On ne dialogue plus. On commente.

Le retour à soi n’est pas une retraite. C’est une résistance.

Mettre son téléphone en silencieux, ce n’est pas fuir le monde. C’est choisir à qui et à quoi on veut répondre. Ce n’est pas un luxe. C’est une hygiène. Et comme toute hygiène : c’est une pratique, pas une théorie.
Lire un livre lentement. Marcher sans podcast. Faire du sport sans playlist. Manger sans écran.

Des gestes simples, mais radicaux.

Réduire le bruit. Pas la densité de la vie.

On confond souvent lenteur et paresse. Mais ralentir, c’est se donner une chance d’exister plus fort. Plus clair. Plus concentré.

C’est se reconnecter à des choses fondamentales :

  • Lire des essais qui grattent un peu.
  • Regarder des films qui laissent du silence.
  • Tenir un carnet. Noter ce qui compte.
  • Planifier. Exécuter. Corriger. Recommencer.
  • Observer le monde, pas juste le commenter.

On n’a pas besoin d’un planning miracle. On a besoin de discipline mentale. Celle qui permet d’agir sans s’éparpiller. De dire non sans culpabiliser. De s’impliquer sans s’effondrer.

Ce qu’on appelle « productivité » cache souvent de la panique

La frénésie des tâches n’a rien à voir avec le sens. Un agenda rempli peut très bien masquer une pensée vide.
Le vrai travail, c’est celui qui vous aligne. Pas celui qui vous disperse.
On n’a pas besoin de courir plus vite. On a besoin de courir plus juste.

Composer sa journée comme un artisan

Plutôt que d’empiler les réactions fiscales comme on bouche une fuite avec Avoir une to-do liste, mais la revoir sans pitié.

  • Rester seul un moment chaque jour.
  • Lire de la poésie. Pour muscler le langage.
  • Créer. Pas pour publier. Pour comprendre.
  • Ranger son bureau. Son esprit suivra.
  • Faire une pause sans rien consommer.
  • Parler à un inconnu, sans but précis.
  • Apprendre une compétence qui n’a pas d’intérêt immédiat.
  • Revoir ses convictions. Les ajuster. Ou les assumer.

Conclusion : discipline > chaos algorithmique

Ce n’est pas une croisade contre la technologie. C’est une stratégie de survie mentale.
Rester attentif, c’est devenu subversif. Être concentré, c’est devenu rare.
Travailler mieux. Penser plus clair. Vivre plus dense. Ce n’est pas une méthode. C’est un engagement. Une manière de se traiter avec sérieux, au milieu du bruit.
Parfois, il suffit de fermer son téléphone et d’aller marcher. Pas pour fuir. Pour revenir.

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