Amende à X, offensive contre Telegram : l’Europe fait la guerre à la liberté numérique

Vendredi 5 décembre 2025, la Commission européenne a infligé 120 millions d’euros d’amende à X, la plateforme d’Elon Musk. En apparence : un simple rappel à l’ordre pour non-respect du Digital Services Act (DSA). En réalité ? Une attaque frontale contre la dernière grande plateforme où la parole n’est pas modérée à la demande.

Vendredi 5 décembre 2025, la Commission européenne a infligé 120 millions d’euros d’amende à X, la plateforme d’Elon Musk. En apparence : un simple rappel à l’ordre pour non-respect du Digital Services Act (DSA). En réalité ? Une attaque frontale contre la dernière grande plateforme où la parole n’est pas modérée à la demande.

Et pendant que les médias applaudissent ce qu’ils appellent une victoire réglementaire, un autre événement passé sous silence mérite autant d’attention : Pavel Durov, fondateur de Telegram, mis en examen cet été à Paris pour avoir refusé d’installer des outils de censure automatisée.

Deux plateformes. Deux visions. Deux sanctions. Une seule logique : punir ceux qui résistent à la normalisation idéologique imposée par Bruxelles.

Ce que Bruxelles reproche (officiellement) à X

L’amende repose sur trois griefs :

  • manque de clarté sur la publicité ciblée,
  • accès restreint aux données pour les chercheurs,
  • confusion sur la fiabilité des comptes avec les badges bleus payants.

Mais aucun de ces points n’est unique à X. Meta, TikTok, Google font exactement la même chose — parfois pire — sans écoper d’amende. La seule différence ? X n’obéit pas.

Depuis que Musk a repris Twitter, il n’a pas seulement racheté une entreprise. Il a repris la main sur un espace numérique où la parole pouvait à nouveau sortir du cadre validé par les élites. Résultat : Bruxelles n’a jamais digéré ce camouflet. Cette amende n’est pas un acte juridique. C’est un tir de sommation politique.

Claire Dilé, le boulet français de X

Dans ce contexte explosif, la posture de la direction française de X est tout simplement désastreuse. Claire Dilé, responsable de X France, a reconnu publiquement que des mesures de modération “adaptées au contexte local” étaient appliquées.

Traduction : X modère discrètement en France pour faire plaisir aux autorités.

Elle parle de “shadow bans partiels” comme d’un mal nécessaire. Un aveu sidérant qui contredit frontalement la doctrine affichée par Musk à l’international.

Ce n’est plus seulement un conflit entre Bruxelles et une entreprise. C’est un conflit interne.

D’un côté, un patron mondial qui milite pour la liberté d’expression sans filtre.
De l’autre, une direction locale qui fait du damage control en douce pour rester dans les petits papiers de l’administration.

Et ce double discours affaiblit toute défense stratégique de X. Il valide les critiques de l’UE, donne des munitions aux censeurs, et laisse croire que la plateforme peut être “recadrée” pays par pays.

Telegram : même combat, autre champ de bataille

Pendant que X prend des amendes, Pavel Durov, fondateur de Telegram, a été interpellé à Paris en août. Il est aujourd’hui mis en examen pour complicité de diffusion de contenus illégaux.

Pourquoi ?
Parce que Telegram refuse toujours d’installer des outils de modération proactive sur ses messageries chiffrées.

En d’autres termes : parce qu’il respecte le chiffrement.

Durov n’a pas cédé. Il a tenu sa ligne. Résultat ?

  • assignation judiciaire,
  • pressions pour modérer plus durement,
  • menace de bannissement en Europe.

Encore une fois, le problème n’est pas le contenu. C’est la désobéissance. Telegram, tout comme X, ne veut pas déléguer à l’UE le droit de définir ce qui peut ou non être dit. Et pour cela, il est traîné dans la boue.

DSA : un outil de régulation ou une machine à uniformiser ?

Le Digital Services Act avait été présenté comme une réponse aux dérives des GAFAM. En pratique, il s’est transformé en machine à produire de la conformité idéologique.

  • Audits imposés,
  • Retraits de contenus en 24h,
  • Reddition de comptes permanente.

La liberté d’expression devient conditionnelle. Et la moindre plateforme qui ne s’aligne pas devient un problème à résoudre. Le plus inquiétant ? Ce cadre réglementaire ne s’attaque pas aux contenus mensongers… mais aux plateformes qui échappent au pouvoir.

Ce qu’on ne vous dit pas : le DSA, outil de géopolitique intérieure

Bruxelles ne s’en prend pas à TikTok.
Bruxelles ne sanctionne pas Meta pour ses atteintes à la vie privée.
Mais Bruxelles punit X pour avoir donné de la visibilité à des opinions conservatrices, souverainistes ou dissidentes.

Et ce n’est pas une coïncidence si cette amende arrive juste après une série de publications “déplaisantes” sur l’Ukraine, l’OTAN, ou les politiques migratoires.

Même scénario pour Telegram :

  • Le chiffrement de bout-en-bout gêne la surveillance ?
  • On sort la carte “complicité indirecte de terrorisme”.

On ne cible plus les infractions.
On cible les désobéissances structurelles.

Nous ne sommes pas “protégés”. Nous sommes testés.

X. Telegram. D’autres suivront.

Cette régulation ne cherche pas à assainir l’espace numérique.
Elle cherche à standardiser la parole. À aligner les plateformes sur une seule ligne : celle de l’opinion autorisée.

Ce que Musk dérange, ce n’est pas qu’il vend des badges bleus à 8 euros.
C’est qu’il refuse de faire la police idéologique pour Bruxelles.

Ce que Durov dérange, ce n’est pas qu’il accueille des groupes extrémistes.
C’est qu’il refuse de livrer ses utilisateurs comme du bétail aux autorités.

📣 Ce n’est plus une question de régulation. C’est une question de souveraineté de la parole.
Et tant que l’Europe préférera la conformité à la liberté, les amendes tomberont sur les rebelles – jamais sur les dociles.

Christophe Mazzola – Expert en cybersécurité, auteur de “Être en Cybersécurité”, défenseur d’une Europe lucide.

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