Souveraineté numérique : au Sénat, on auditionne. Mais on agit quand ?
Le Sénat a fait ce qu’il sait faire : tenir une série d’auditions sur la souveraineté numérique. Experts, industriels, représentants de l’État.

Le Sénat a fait ce qu’il sait faire : tenir une série d’auditions sur la souveraineté numérique.
Encore une.
Experts, industriels, représentants de l’État. Beaucoup de constats lucides. Beaucoup de vœux pieux. Mais au final, toujours le même réflexe français : dire qu’on aurait dû faire mieux, sans jamais prendre les décisions qui changeraient vraiment les choses.
Il ne manque pas de rapports. Il manque de courage.
Depuis dix ans, on entend les mêmes phrases :
- "Il faut soutenir les acteurs européens."
- "Il faut renforcer l’indépendance numérique."
- "Il faut que l’administration donne l’exemple."
Mais dans les faits, on continue de :
- Signer des contrats avec Microsoft pour l’Éducation nationale.
- Migrer les collectivités locales sur Google Workspace.
- Héberger nos données de santé sur des clouds non-européens.
Tout le monde voit le problème. Personne ne tranche.

How to raise customer loyalty.
Quand le Sénat s’étonne de notre dépendance, c’est presque comique
Cela fait dix ans que l’État stratégique est externalisé à marche forcée.
Les PME du secteur cloud et logiciel se font dévorer ou ignorent les appels d’offres trop orientés. Les décideurs publics achètent américain sans en assumer la portée. Et les rares dispositifs comme SecNumCloud n’ont ni l’agilité ni les moyens de faire poids.
On en est à regretter de ne pas avoir eu de "champion européen". Mais qui l’a soutenu, ce champion ? Qui lui a donné accès aux grands contrats, aux références publiques, à l’accompagnement diplomatique ?
La souveraineté n’a pas besoin de colloques. Elle a besoin de choix clairs.
On peut parfaitement :
- Décider que toute donnée publique sensible sera hébergée en France ou en Europe, point.
- Allouer une partie des budgets IT à des acteurs locaux, même s’ils ne sont pas "leaders du marché".
- Intégrer la sécurité et l’indépendance comme critères politiques, pas juste techniques.
Mais pour ça, il faut accepter de prendre position. De sortir du confort des équilibres industriels. De froisser certains partenaires.
Et c’est bien ce qu’on ne fait pas.
Il n’est plus temps de constater. Il est temps d’assumer.
Le prochain incident majeur ne viendra pas de l’absence d’IA ou de cloud souverain. Il viendra de notre incapacité à construire un modèle cohérent.
Le Sénat peut continuer à auditionner. Mais l’Histoire retiendra surtout ce qu’on a laissé filer.
Et pour l’instant, on laisse tout filer.
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Questions fréquentes
Que reproche l'article aux auditions du Sénat sur la souveraineté numérique ?
Il leur reproche de répéter des constats justes et des vœux pieux sans jamais aboutir à des décisions concrètes, perpétuant le réflexe de dire qu'on aurait dû faire mieux sans rien trancher.
Selon l'article, pourquoi la dépendance numérique de la France persiste-t-elle ?
Parce que l'État stratégique est externalisé à marche forcée depuis dix ans : les acheteurs publics continuent d'acheter américain, les PME du cloud et du logiciel sont ignorées, et des dispositifs comme SecNumCloud manquent d'agilité et de moyens.
Quelles décisions concrètes l'auteur propose-t-il ?
Imposer l'hébergement en France ou en Europe de toute donnée publique sensible, allouer une part des budgets IT à des acteurs locaux même non leaders du marché, et intégrer la sécurité et l'indépendance comme critères politiques et pas uniquement techniques.
Quel est le principal obstacle identifié par l'article ?
Le manque de courage : prendre ces décisions suppose d'assumer une position, de sortir du confort des équilibres industriels et d'accepter de froisser certains partenaires, ce que les responsables ne font pas.
Sources & méthodologie

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